Les sanctions de A à Z
L'essentiel
Lors de manquements sérieux au respect de la loi Informatique et libertés, la CNIL a le pouvoir de prononcer des sanctions administratives ou financières. Dans ce cas, la CNIL se réunit en formation contentieuse pour prononcer les sanctions prévues à l’article 45 de la loi. Les sanctions pénales prévues aux articles 226-16 à 226-24 du Code pénal peuvent aussi s’appliquer, la CNIL ayant la possibilité de dénoncer au Procureur de la République les infractions à la loi dont elle a connaissance.
Un arrêt du Conseil d'Etat reconnaît à la CNIL la qualité de tribunal dans l’exercice de son pouvoir de sanction, au sens de l’article 6 de la Cour Européenne des Droits de l'Homme.
Les règles du jeu
Lorsque des manquements à la loi sont portés à sa connaissance, la formation contentieuse de la CNIL peut prononcer à l’égard du responsable de traitement fautif
- Un avertissement , qui peut être rendu public.
Dans l'hypothèse où le Président de la CNIL a, au préalable, prononcé une mise en demeure, et que le responsable de traitement ne s'y est pas conformé, la formation contentieuse peut prononcer, à l'issue d'une procédure contradictoire :
- Une sanction pécuniaire (sauf pour les traitements de l’État) d’un montant maximal de 150.000€, et, en cas de récidive, jusqu’à 300.000 €. Cette sanction peut être rendue publique ; la formation contentieuse peut également ordonner l'insertion de sa décision dans la presse, aux frais de l'organisme sanctionné.
- Une injonction de cesser le traitement.
- Un retrait de l’autorisation accordée par la CNIL en application de l’article 25 de la loi
En cas d'urgence et d'atteinte aux droits et libertés définies à l'article 1er de la loi, la formation contentieuse peut décider, à l'issue d'une procédure contradictoire :
- l'interruption de mettre en œuvre le traitement,
- le verrouillage des données pour trois mois.
- pour certains fichiers sensibles de l'Etat, l'information du Premier Ministre afin qu'il prenne les mesures nécéssaires pour mettre fin aux manquements.
En cas d’atteinte grave et immédiate aux droits et libertés, le président de la CNIL peut demander, par référé, à la juridiction compétente, d’ordonner toute mesure de sécurité nécessaire.
A compter de la date de notification de la décision de la formation contentieuse, l'organisme mis en cause dispose d'un délai de deux mois pour former un recours devant le Conseil d'État contre la décision de la CNIL.


